LA CRISE
"Ce que l'on ne nous dit pas, ce dont personne ne parle, personne ne veut parler, tout le monde sait, mais tout le monde tait, c'est: comment nous finançons « l'action puissante ». Le savez-vous? Bien sûr vous le savez. A crédit, on emprunte, on fait la manche, on fait ça depuis trente ans me direz-vous, mais là, c'est à haute dose, des milliards pour les banques, les PME, les collectivités locales, les emplois aidés, les contrats de transition, et tout le reste. Il se dépense, Nicolas Sarkozy, ah oui, mais il dépense aussi.
Depuis un mois, nous vivons dans la brume des mauvaises nouvelles, la tête assaillie des fermetures d'usine, des licenciements, des menaces de faillites ou d'écroulement du système. Il faut faire face, il faut faire feu, il faut éteindre le feu. Mais quand cessera l'agitation, que la tempête se sera un peu calmée, que reviendra un calme certainement précaire, ferons-nous les comptes, regarderons-nous les comptes?
Le budget 2009 de l'Etat français, que sont en train de voter les députés, prévoyait un déficit budgétaire déjà colossal, et supérieur aux prévisions d'avant la vraie crise, de 52 milliards d'euros. Qu'en sera-t-il en réalité? On nous dit, certes, que la plupart de ces dépenses faites sont faites hors budget. La plupart mais pas toutes. Soit. Elles ne sont toutefois pas hors réalité. Les dix milliards prêtés aux banques, pour entretenir le flux de crédit, il a fallu les emprunter, les 2,5 milliards aux collectivités locales aussi. Du coup, la dette augmente, et donc le service de la dette, les intérêts qui étaient déjà calamiteusement lourds. En outre, le ralentissement « extraordinairement fort » de l'économie va faire baisser de manière « extraordinairement forte » les recettes fiscales de l'Etat.
L'un dans l'autre, hors budget ou pas, la crise aura pour premier effet de faire exploser l'endettement d'une France qui s'endette depuis trente ans. La vérité ne se divise pas. Il faut la dire tout entière pour que chacun ait conscience de ce qui se joue réellement. La crise, c'est cela la vérité, par ses effets multiples, immédiats ou différés du fait des décisions gouvernementales, nous met très gravement en danger. Le péril qui nous guette est immense. Le secteur privé de l'économie est au bord de l'infarctus. C'est pour cela que l'on injecte aujourd'hui, et avec raison, de l'argent public. Mais du coup, le secteur public de la société se trouve, lui, menacé d'étouffement. Comment parviendra-t-il à rembourser les milliards qu'il doit et qu'il continue à emprunter? Hausse des impôts? De la fiscalité?"
de Jean-Michel Aphatie
"Ce que l'on ne nous dit pas, ce dont personne ne parle, personne ne veut parler, tout le monde sait, mais tout le monde tait, c'est: comment nous finançons « l'action puissante ». Le savez-vous? Bien sûr vous le savez. A crédit, on emprunte, on fait la manche, on fait ça depuis trente ans me direz-vous, mais là, c'est à haute dose, des milliards pour les banques, les PME, les collectivités locales, les emplois aidés, les contrats de transition, et tout le reste. Il se dépense, Nicolas Sarkozy, ah oui, mais il dépense aussi.
Depuis un mois, nous vivons dans la brume des mauvaises nouvelles, la tête assaillie des fermetures d'usine, des licenciements, des menaces de faillites ou d'écroulement du système. Il faut faire face, il faut faire feu, il faut éteindre le feu. Mais quand cessera l'agitation, que la tempête se sera un peu calmée, que reviendra un calme certainement précaire, ferons-nous les comptes, regarderons-nous les comptes?
Le budget 2009 de l'Etat français, que sont en train de voter les députés, prévoyait un déficit budgétaire déjà colossal, et supérieur aux prévisions d'avant la vraie crise, de 52 milliards d'euros. Qu'en sera-t-il en réalité? On nous dit, certes, que la plupart de ces dépenses faites sont faites hors budget. La plupart mais pas toutes. Soit. Elles ne sont toutefois pas hors réalité. Les dix milliards prêtés aux banques, pour entretenir le flux de crédit, il a fallu les emprunter, les 2,5 milliards aux collectivités locales aussi. Du coup, la dette augmente, et donc le service de la dette, les intérêts qui étaient déjà calamiteusement lourds. En outre, le ralentissement « extraordinairement fort » de l'économie va faire baisser de manière « extraordinairement forte » les recettes fiscales de l'Etat.
L'un dans l'autre, hors budget ou pas, la crise aura pour premier effet de faire exploser l'endettement d'une France qui s'endette depuis trente ans. La vérité ne se divise pas. Il faut la dire tout entière pour que chacun ait conscience de ce qui se joue réellement. La crise, c'est cela la vérité, par ses effets multiples, immédiats ou différés du fait des décisions gouvernementales, nous met très gravement en danger. Le péril qui nous guette est immense. Le secteur privé de l'économie est au bord de l'infarctus. C'est pour cela que l'on injecte aujourd'hui, et avec raison, de l'argent public. Mais du coup, le secteur public de la société se trouve, lui, menacé d'étouffement. Comment parviendra-t-il à rembourser les milliards qu'il doit et qu'il continue à emprunter? Hausse des impôts? De la fiscalité?"
de Jean-Michel Aphatie
